Massif forestier d’Ebo : Cacophonie au sein du gouvernement camerounais

Massif forestier d’Ebo : Cacophonie au sein du gouvernement camerounais

Le 11 août 2020, un communiqué du Secrétaire Général des Services du Premier Ministre annonce le retrait du décret de classement d'un acte du Chef du Gouvernement signé le 14 juillet. Ce texte classait une portion de plus de 68 000 ha de forêt. Ce même communiqué indique la suspension d'un autre de 65 000ha encore en gestation. Que s'est-il passé pour qu'on en arrive là ?

Le jeu trouble de l’UE et Greenpeace

De sources dignes de foi, aux lendemains du décret du Premier Ministre, l'ambassadeur, Chef de Délégation l'Union Européenne à Yaoundé menace et le faut savoir à travers une lettre au Ministre camerounais de l’Économie, de la Planification et de l'Aménagement du Territoire. Cette correspondance sème la panique dans le sérail par le fait qu'elle est relayée au niveau international par les ONG.

 Alamine Ousmane Mey est pris de panique. En tant interlocuteur de l'État en matière de coopération économique, il sonne le tocsin et suggère au Chef du Gouvernement de suspendre le processus de classement même au risque de déroger au principe de respect de la hiérarchie.

Bien avant ce scénario, le Ministre camerounais des Forêts et de la Faune, Jules Doret NDONGO, tente de limiter les dégâts au cours d'une conférence de presse partiellement diffusée dans les médias, sauf dans la presse publique pourtant fortement représentée ce jour. Le Gouvernement semble en lambeaux dans cette affaire que ne lâchent pas l'ensemble des ONG nationales financées par ses mêmes partenaires et même Greenpeace.

Prise de conscience tardive

Malgré une tournée explicative du député de NKAM, l'Honorable Samuel MOTH, qui sent revenir sur la table l'hypothèse de création d'un parc national à EBO rejetée depuis 2006, rien n'est fait. La prise de conscience tardive des populations sur les restrictions d'une aire protégée et la difficulté de faire homologuer des grands projets d'infrastructures alternatifs dans le cadre d'un parc national, les interlocuteurs du gouvernement font la sourde oreille. Le rétropédalage de certains est donc tardif. Même le soutien de l’homme politique Serge Espoir MATOMBA, au départ pourfendeur du classement, semblait déjà acquis.

Une fois encore les pressions emportent sur les arguments économiques défendus par certains acteurs au sein du Gouvernement qui ne sort pas grandi de cet épisode.

Étouffer l’agriculture industrielle

Le message des partenaires du Cameroun est ainsi clair. Ils ne sont plus disposés à accepter l'exploitation forestière ni dans le cadre de la gestion durable comme pour le cas d'une Unité Forestière d'Aménagement, ni même pour la pratique d’une agriculture industrielle. Pour le dernier cas, les menaces incessantes sur Sud Hévéa dans les confins de la réserve du Dja ou du projet de développement de la palmeraie dans l'Océan sont des exemples de cet état d'esprit.

D'ailleurs au cours du Congrès Mondial sur les Forêts tenu à Durban en Afrique du Sud en 2015, ils ont eu clairement affichés cette intention. Le Cameroun doit désormais envisager de faire autre chose dans ces périmètres interdits d'activités humaines.

Le manque de vision globale de l'État du Cameroun décrié

Au-delà des arguments vertueux sur l'environnement avancés çà et là, c'est le manque de vision globale de l'État du Cameroun qui se révèle ici. Le pays ne sort pas grandi dans le processus de classement manqué du massif forestier d'EBO. La stratégie d'embuscade des uns au sein d'un même appareil donne en effet des signes pathétiques d'affaiblissement. L'Union Européenne a vaincu l'État du Cameroun.

Qui peut imaginer le Brésil dans la même situation faire un tel rétropédalage ? Les jours qui viennent annoncent des jeux de massacres encore plus vifs.

Comment peut-on nous faire croire que ce dossier est parti du Ministère des Forêts avec tous les visas en passant par la Primature et la Présidence de la République sans analyse en profondeur ? Les partenaires du Cameroun qui ne sont pas des enfants de cœur savent désormais qu'avec une équipe gouvernementale affaiblie et coupée de la réalité, c'est le moment de faire passer ce qu'ils veulent.

 Il faudrait pourtant que le Cameroun se ressaisisse en prenant conscience des enjeux avec une politique cohérente d'affection des terres, un dossier non abouti depuis une dizaine d'années. Car, ce qui vient de se passer avec le massif forestier d'EBO ne donne pas envie de rire. La question des terres est devenue un enjeu crucial dans notre pays. Elle doit mobiliser en urgence l'ensemble de l'équipe gouvernementale voire la société civile pour éviter que ne naissent de nombreux conflits. Il n'est pas exclu que ce qui n'a pas abouti à cause des bruits sur le massif forestier d'EBO se reproduise sans bruit si demain il y est découvert des indices de présence des minerais dans la même localité.

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