Dr Ghislain Mouil Sil : «Les défis auxquels nous sommes confrontés sont énormes et nous avons le devoir de réussite»

Dr Ghislain Mouil Sil : «Les défis auxquels nous sommes confrontés sont énormes et nous avons le devoir de réussite»

Dr Ghislain Mouil Sil, électrotechnicien, président de l’agence YININDI regroupant la majorité des ressortissants Banen des arrondissements de Ndikiniméki, Yingui et Nitoukou de la diaspora, dévoile les plans d’actions de développement de ces localités, avec un point d’honneur sur le problème qui cristallise les attentions aujourd’hui : le patrimoine forestier d’Ebo. Tour d’horizon.

Qui est le Dr Ghislain Mouil Sil pour ceux qui ne le connaissent pas encore ?
Je suis comme mon nom l’indique d’ailleurs Camerounais d’origine et plus précisément membre du groupe ethnique Banen qui se trouve autant dans la région du Centre que dans celle du Littoral. Je suis né et ai grandi à Douala avec des intermèdes enrichissants à l’Est et à l’Ouest au gré des affectations de mon père, ancien cadre de l’ex SONEL jouissant d’une retraite méritée. Je vis en Allemagne avec ma petite famille où je suis arrivé il y a 20 ans pour poursuivre mes études en Electrotechnique et travaille aujourd’hui dans le domaine du marketing pour un groupe industriel et technologique de ce pays.

Le 03 novembre 2018 à Bruxelles vous avez été porté à la tête de l’Agence YININDI dont le but est de promouvoir le développement socioéconomique des arrondissements de Ndikinimeki, Nitoukou et Yingui. Quel est votre sentiment après cette marque de confiance émanant de vos frères et soeurs Banen de la diaspora ?
Il faut dire d’emblée que je n’aspirais pas à hériter de cette lourde charge qui est celle d’amorcer l’action opérationnelle de notre Agence en tant que premier Coordonnateur. Je me suis engagé au départ comme beaucoup de précurseurs pour sortir cette idée, qui a été initiée d’ailleurs à l’occasion d’une soirée Banen organisée par l’association Hekok du Benelux, des fonds baptismaux. De ce fait, c’est avec beaucoup de reconnaissance et d’humilité que j’ai accueilli cette marque de confiance et d’estime à mon égard. Je l’ai également perçue comme élément de motivation supplémentaire pour être à la mesure des attentes placées en moi et toute la coordination générale d’ailleurs (Emmanuel Boumsong, Christiane Ngoue et Dr. Madeleine Johnson) tout en comptant sur l’apport de toutes les associations et personnes-ressource qui s’engagent tout autant.

Cela fait bientôt 2 ans que cette Agence existe. Quelles sont vos principales réalisations au niveau de la diaspora ?
Comme le temps passe vite ! Nous avons fixé des objectifs ambitieux au début de notre mandat en droite ligne avec notre vision qui tient à contribuer à la promotion de notre culture, au développement des régions Banen ainsi qu’à l’épanouissement intégral des Banen à travers le monde. En ce qui concerne la structuration de notre Agence, nous pouvons nous satisfaire aujourd’hui de la légalisation, l’opérationnalisation des instances dirigeantes (conseil d’administration avec pour président Jonas Beleho, coordination générale et pôles d’action) dès 2018. La validation subséquente du règlement intérieur et de notre process d’initiation, élaboration et suivi de projets est tout aussi effective.

Sous la rubrique promotion, la plateforme de communication que nous avons établie est l’autre source de satisfaction. En effet, notre page internet  est particulièrement active et relaye autant les actions initiées par notre Agence que d’autres faits d’arme relevant de notre espace culturel, ce grâce à l’engagement de son responsable, Jean Pierre Bouneck. Nous avons sous le volet culturel assisté l’association Hisenji dans l’organisation du festival mettant en relief nos danses traditionnelles ainsi que la dextérité de nos artisans, qui en était à sa 2ème édition cette année à Nitoukou. La mobilisation des Banen de la diaspora reste cependant un souci majeur car malgré son importance en termes d’apport en ressources humaines indispensables ainsi que l’aspect idéal qui consoliderait les liens entre nous, nous peinons à susciter l’adhésion des 200 membres prévus avec un taux d’achèvement de 35% à ce jour.

Ceci bien que notre objectif de 10 associations (Nikoul, Issemou, Elaatan, La Fourmilière, Hisenji et Molem u Mukat de France, Nekotan d’Espagne, Hekok et Miss Banen du Benelux, Uhikeni d’Italie) à travers l’Europe affiliées soit atteint. Enfin nous avons effectué notre première remise de dons en guise de primes d’excellence à des écoles de l’arrondissement de Yingui en Mai 2019. Je dois dire ici que les projets prévus pour 2020, remise de prix d’excellence dans des écoles de l’arrondissement de Ndikinimeki,et Nitoukou ainsi que la remise de dons aux hôpitaux des 3 arrondissements, ont été sérieusement bousculés par la pandémie qui sévit encore. Je vais d’ailleurs revenir sur les actions intentées par la diaspora pour barrer la voie au covid-19 dans nos contrées. Je ne saurais naturellement terminer ce propos sans évoquer la mobilisation de la diaspora pour le combat que tout le peuple Banen mène aujourd’hui pour notre patrimoine.

Plusieurs pôles ont été créés au sein de cette Agence YININDI. Pouvez-vous affirmer sans ambages que ces différents démembrements fonctionnent normalement ?
Notre Agence est d’abord une structure technique de réflexion et d’action. À cet effet, nous avons organisé et divisé le travail au sein des différents pôles, qui malgré les difficultés auxquelles nous sommes confrontés, ont pu opérer des avancées notoires. Je tiens ici à remercier les responsables des différents pôles (communication, santé, culture, éducation et financement) qui mobilisent leurs équipes, entretiennent les échanges avec nos interlocuteurs au Cameroun, effectuent des études et analysent les besoins sur le terrain, étudient des voies et moyens de financement, agrémentent nos différentes plateformes de communication, conçoivent et réalisent des projets, afin de peu à peu concourir à nous positionner comme un acteur important de la dynamique de développement du Munen et des Banen.

Au-delà des actions visibles sur le terrain et évoquées plus haut, je tiens à rappeler le travail de fond qui consiste à élaborer des cartes sanitaire et scolaire des 3 arrondissements afin d’identifier les besoins dans ces 2 domaines en l’occurrence pour d’une part mieux cibler nos champs d’action, mais aussi guider les autres associations Banen et internationales dans l’initialisation des projets qu’elles veulent bien réaliser dans notre contrée. Je tiens ici à remercier les responsables des pôles santé, Sylvain Miko, éducation, Maria Vogt, ainsi que financement, Dr Gerard Mbenda.

Quelles sont vos principales difficultés ?
Je les ai déjà évoquées en filigrane plus haut. En effet, ces difficultés sont tout d’abord inhérentes à notre structure. Différemment de la plupart des associations existantes, nous sommes d’abord une structure technique et de ce fait, accordons moins d’importance à l’aspect social. Ça se traduit par le fait que la fréquence de nos Assemblées Générales est plus réduite (2 AG/an au lieu de 6 à 12 comme à l’accoutumée), ce qui limite les occasions de rencontre qui consolident les liens. D’autre part, les tontines et autres caisses d’assistance qui sont des éléments constituants de nos associations classiques ne sont pas l’apanage de notre Agence. Toutes choses qui contribuent à diminuer l’attractivité apparente de notre Agence auprès des Banen de la diaspora. Il faut davantage mettre l’accent sur la sensibilisation et la persuasion auprès des membres d’associations à travers l’Europe et même au-delà afin d’expliquer les biens fondés de notre action, la complémentarité avec lesdites associations et ainsi susciter encore plus d’adhésion. Une autre zone d’ombre reste les conflits qui naissent dans les associations affiliées et irradient sur l’Agence. Bien que n’étant pas la supra-association Banen au-dessus des autres, il est clair que nous portons un signe d’honneur à contribuer à ramener la sérénité au sein de notre communauté et à prôner une approche plus tolérante, humble et cordiale dans nos relations : des préalables indispensables à l’édification mutuelle et l’éclosion de notre potentiel.

Quelle est la nature des rapports que vous entretenez avec les autres associations des Banen de la diaspora d’une part et celles des Banen du Cameroun d’autre part ?
La collaboration avec les associations et autres entités autant de la diaspora que du Cameroun est indispensable pour notre déploiement et la réussite de notre action. Nous mettons un accent particulier là-dessus. C’est ainsi que nous sommes en étroite collaboration avec les responsables des associations affiliées à YININDI à travers l’Europe ainsi qu’avec le président de l’association Nikoul USA, Cyrille Essomo. Au Cameroun nous interagissons avec une pléthore de structures dans le cadre des activités que nous menons. J’aurai l’occasion de revenir sur ce point plus tard.

Vous êtes certainement au courant de l’appel à contribution élaboré par le CREDIS (Centre de Recherche d’Études Diplomatiques Ndlr) pour le développement de l’arrondissement de Ndikinimeki. Quelle est votre point de vue personnel par rapport à ce projet ?
Ce projet rentre en droite ligne avec la vision que nous portons qui consiste à penser notre développement endogène et holistique avant de le réaliser. Je salue ici cette action académique des initiateurs qui contribuera à élaborer la fondation théorique, pluridisciplinaire, alliant sciences de la nature et sciences humaines et allant puiser dans les entrailles de notre culture ainsi que les dédales de notre environnement afin d’éclairer et orienter les actions pour un impact optimal.

Quelle sera la contribution de l’Agence YININDI pour le succès d’une telle initiative ?
YININDI va intervenir sur plusieurs volets. En effet, après avoir échangé avec les initiateurs, nous nous engageons à les accompagner financièrement afin de contribuer à optimiser les préparatifs de cet évènement de grande envergure. D’autre part, nous voulons également apporter une contribution intellectuelle en soutenant un travail de recherche de jeunes scientifiques originaires de notre contrée, sur des sujets d’actualité, tel que le combat pour notre patrimoine, et avec un potentiel d’impacter de manière substantielle à proposer des solutions efficaces tout en permettant l’épanouissement académique de nos jeunes.

Quelle est la réaction de YININDI au sujet de l’opposition du collectif « Missi Ye Benen » à l’avis au public du Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) déclarant une zone de 65.000 hectares (couvrant les départements du Nkam, du Mbam et Inoubou et de la Sanaga-Maritime) comme étant une zone qui relève du domaine privé de l’Etat ?
La diaspora a été particulièrement choquée par l’avis au public du Ministre en charge des Forêts et de la Faune du 02 Février dernier portant classement dans le domaine privé de l’Etat d’une zone de 64835 ha touchant essentiellement l’arrondissement de Yingui à côté de ceux de Ndikiniméki et de Ngambè. Nous nous sommes levés comme un seul homme pour engager le combat de préservation de notre patrimoine d’autant plus que le peuple Banen ne s’est pas encore remis du traumatisme lié au déguerpissement ordonné par l’administration au détour des années d’indépendance. C’est ainsi que nous nous sommes dans un premier temps associé à nos frères et soeurs de l’autre côté de l’Atlantique pour former un front commun de la diaspora. Ensuite nous avons formé un collectif, Missi yi Benen, ensemble avec les responsables des associations PBCD, Femmes dynamiques de Yingui, Benen bekim ba kotakan, Culture Banen et d’autres encore pour agir de manière efficace en synergie avec ceux des Banen engagés au Cameroun. La vision que nous portons tient dans ce cadre à la réunification du peuple Banen, à sa réconciliation avec son glorieux passé et au développement de ses ressortissants en optimisant la mise en valeur de son patrimoine au-delà de sa préservation. Dans ce sillage, des consultations ont été menées avec des personnes-ressource, dont plusieurs ont été du combat de 2006 lié à l’opposition au projet de classement de cette même forêt en parc national (entre autres, Dr Zachée Boli, Francois Ndjock Balock ou encore Alphonse Nguile), des chefs traditionnels, des élus locaux, l’élite et les populations riveraines. Elles ont abouti à la rédaction d’une correspondance d’opposition au projet de classement de nos terres dans le domaine privé de l’Etat adressée à une vingtaine d’administrations en plus de signatures physiques et digitales (303 et 153 respectivement au dépôt). Nous avons mis en ligne une page internet  ainsi que des communautés sur les réseaux sociaux afin d’informer, échanger et mobiliser autour de cette cause. Enfin nous avons participé à une rencontre organisée par l’Honorable Moth avec pour but de faire entendre la voix de la diaspora dans cette tentative de fédérer toutes les plateformes qui agissent dans ce sillage.

Quelle est la dernière actualité à ce sujet ?
Le député Moth a été reçu par le Ministre en charge des Forêts et de la Faune, Jules Doret Ndongo, avec une délégation constituée de représentants de nos chefs ainsi que de quelques personnes-ressource. D’autre part, le mouvement Munen – retour aux sources – a également été reçu par le secrétariat général du Premier Ministre. Il faut signaler ici que le dénominateur commun de toutes les parties prenantes reste le non au classement dans le domaine privé de l’Etat ainsi qu’oeuvrer pour le développement de notre contrée. Cependant, tandis que certains penchent pour une négociation autour du cahier de charges de l’UFA envisagée par l’Etat pour une meilleure capitalisation de cette opportunité, d’autres y opposent un non catégorique à l’exploitation forestière de cette zone dans le cadre d’une UFA.

Nous au sein de la diaspora organisée autour de l’Agence YININDI et de Nikoul USA préconisons, dans l’esprit de la stratégie découlant de notre vision, une analyse approfondie de l’impact socio-économique de plusieurs alternatives afin de proposer celle qui conciliera le mieux les aspirations de retour et de développement des populations ainsi que les intérêts de l’Etat. Nous allons continuer d’oeuvrer au sein de Missi yi Benen au travers de nos contributions intellectuelle et financière afin de proposer des options viables et durables et c’est l’occasion ici d’interpeller tous les Banen à se joindre à nous pour que les aspirations tout aussi légitimes de la diaspora soient également considérées.

Le covid19 est d’actualité. Quelle a été la contribution de votre Agence dans la lutte contre cette pandémie dans les arrondissements de Ndikinimeki, Nitoukou et Yingui ?
L’évolution de cette pandémie ne nous a pas laissés indifférents et pour plus d’efficacité, nous avons préféré agir de manière décentralisée directement auprès des 3 arrondissements. Dans un premier temps, l’action initiée par les forces vives de l’arrondissement de Nitoukou a été particulièrement bien soutenue par les membres de la diaspora regroupée au sein de YININDI et Nikoul USA. Cette expérience a édifié les ressortissants de l’arrondissement de Ndikiniméki à l’initiative du président Didier Kessak d’Issemou France, également membre de YININDI, Cyrille Essomo et Casimir Bagneki, respectivement président et trésorier de Nikoul USA ainsi que Dr Madeleine Johnson, présidente de Hisenji et membre de la coordination de YININDI, à élaborer une action de poigne. L’arrondissement de Yingui n’était pas en reste avec l’association Ndikbiakat Mikim entre autres de la soeur Maria Vogt. Il faut signaler ici que les contributions venaient pour toutes ces 3 actions de Banen de tout bord indépendamment de leur arrondissement ou canton d’origine. Au-delà des dons, de la sensibilisation avec pour objectif de barrer la voie au covid-19 dans nos contrées, l’impact idéal du fait que les populations dans nos villages ressentent le souci de leur diaspora est particulièrement à relever.

Quels sont vos principaux projets dans ces arrondissements, en marge de la lutte contre le Covid 19 et le combat pour la préservation de nos terres ?
Les chantiers sont innombrables et les besoins incommensurables. Il va falloir s’armer de sagesse pour prioriser les actions selon les critères liées à leur impact potentiel, notre capacité à les réaliser ainsi que leur potentiel de pérennisation. Nous sommes en effet dans la phase de finalisation du pagne initié par les membres de la diaspora pour tous les Banen résidant au Cameroun et ailleurs. Nous vous dévoilerons sous peu le premier jet de ce pagne qui consacre l’unité des Banen des trois arrondissements.

Nous sommes en outre entrain de boucler l’étude de faisabilité dans le contexte du covid-19 du projet de remise de prix d’excellence cette fois ci dans les arrondissements de Ndikiniméki et de Nitoukou après avoir fait escale dans l’arrondissement de Yingui en Mai 2019. Nos collègues du pôle santé étudient encore les alternatives les plus réalistes après avoir recueilli les besoins des responsables des 3 districts de santé. Dr Gerard Mbenda et son équipe travaillent sur la finalisation du concept d’un véhicule d’investissement qui nous permettra de faire d’une pierre deux coups : créer de la plus-value au travers des projets que nous accompagnerons dans nos 3 arrondissements et alimenter notre cagnotte avec une partie des dividendes pour réaliser davantage de projets sociaux.

Avez-vous un message à l’adresse de vos soeurs et frères Banen de la diaspora et du Cameroun ?
Les défis auxquels nous sommes confrontés sont énormes et nous avons le devoir de réussite après avoir suscité de grandes attentes. Je reste convaincu du fait que nos ambitions ne soient pas démesurées, oui nous avons le potentiel de les réaliser. Le préalable reste la mutualisation de nos forces pour affronter la responsabilité qui est la nôtre. Nous ne nous pardonnerons pas de n’avoir pu donner du meilleur de notre génération pour contribuer au développement de notre région, l’épanouissement du Munen et la promotion de la culture Banen. J’appelle tous les Banen à nous rejoindre dans cette aventure exaltante, braver les échanges parfois controversés, partager nos compétences et expériences personnelles pour contribuer à réaliser cette tâche ô combien noble. Munen amotè !

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